[FR] Malok : Terra Incognita
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Neideria alias la femme aux multiples noms

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kymin

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[âmes très sensibles, ne lisez pas]

L'avenir des enfants des rues n'est pas empreint de lumière et les gens ordinaires, ceux qui se targuent d'être des citoyens respectables et innocents, préfèrent fermer les yeux ou faire semblant d'ignorer ce qui se passe dans les bas-fonds.
Neideria gardait peu de souvenirs de son enfance passée ; du haut de ses douze printemps, cela faisait déjà deux ans qu'elle survivait dans les rues, à courir après la moindre miette, à se battre contre les autres enfants des rues tout aussi affamés qu'elle et souvent aussi contre les plus grands tels que les vieillards décharnés qui cherchaient à survivre quelques jours de plus dans leur carcasse pourrissante. Elle apprit vite à éviter les gardes qui frappaient à la moindre occasion les mendiants qui gênaient la circulation et à voler ce qui lui passait sous la main - ce qui lui valait souvent des ecchymoses quand elle se faisait surprendre.
Comment elle en était réduite à ce statut, elle préférait se le mentir à elle-même. Elle avait tout, un foyer, une famille, une vie et du jour au lendemain, plus rien. Son esprit avait donc fait un trait sur ce détail, et de toute manière, elle avait déjà assez fort à faire pour survivre. Puis un jour, l'air de rien, un homme habillé correctement s'arrêta devant elle et la regarda longuement. Arrogante, elle en fit de même, notant au passage qu'elle pourrait le voler. Il avait agité sa bourse pleine d'or et fait demi-tour ; trop tentée pour y résister, elle lui emboîta le pas en tâchant de le faire discrètement, mais elle ne fut pas dupe, l'homme savait qu'elle le suivait. Elle ne fut donc pas franchement surprise de se faire frapper par-derrière. On lui couvrit la tête avec un sac de toile et on lui attacha les mains, puis on la transporta comme un objet et elle ne sut jamais quel chemin ils prirent.
Elle se retrouva dans un cachot, du moins cela y ressemblait, et tout était humide autour d'elle. Bien sûr, c'étaient les égouts. Des jours passèrent sans qu'on ne lui demande quoi que ce soit, seule une silhouette vêtue entièrement de noir lui apportait de quoi manger et boire - deux fois par jour, supposait-elle. Parfois des ombres passaient devant sa cellule et elle entendait des cris lointains, assez emplis de terreur pour l'effrayer. "La peur est irrationnelle, se disait-elle, je ne tiens pas à cette vie mais je ne veux pas mourir et la souffrance m'effraie".
Enfin, elle finit par perdre la notion du temps, et lorsqu’on vint la chercher, désorientée, elle suivit sans la moindre résistance les deux "gardes" qui l'escortaient de tunnel en tunnel. Elle fut amenée dans une pièce circulaire et dut patienter. Puis elle fut menée à un carrefour protégé par des grilles. Un homme l’examina, vérifia l’état de sa dentition, de ses mollets, la fit tourner sur elle-même…puis des tractations débutèrent. La discussion se termina sur un éclat de rire et la monnaie changea de main. On lui attacha sans ménagement les mains dans le dos et l'acheteur se saisissant d’elle, la poussa le long d’un couloir. La lumière du jour l’aveugla après qu’ils eurent franchi une porte. Elle mit un certain temps à se réhabituer à l’intensité lumineuse du jour. Elle voyait maintenant cet homme qui l’observait lui aussi. Le regard qu'il posait sur elle la dégoûtait au plus haut point, elle connaissait sa destinée. Elle ne pouvait et ne devait pas s’y résigner.

Apres être sortis de la ville, tandis qu’ils marchaient, elle faillit tressaillir : des mouvements, à peine perceptibles derrière les fourrés. Puis d’autres ici. Elle réfléchit rapidement, et finalement la seule chose qui lui importait c’était que cet homme meure, déjà la haine l’avait emplie à son égard, elle se tut donc cherchant une percée dans les bosquets qui lui permettrait de s’enfuir. L’embuscade fut fulgurante et l'acheteur tué instantanément, elle n’eut pas le temps d’esquisser un geste. Sortis des bas côtés, les assaillants fouillèrent le cadavre fraîchement allongé et se partagèrent sa petite fortune. L'un d'entre eux, calme et sûr de lui, l’avisa, s’approcha et l’examina avec attention. Il regarda un comparse à ses côtés, et ce fut lui qui parla :
« Tu nous as vus tout à l’heure, pourquoi n’as-tu rien dit ? ». Neideria n’était pas décidée à répondre et resta silencieuse. L’homme fit un signe, elle comprit qu'il se l’accaparait, semblable à un trésor de guerre, désormais elle était son bien.

Cet homme qui sera son mentor était un tueur, sans pitié mais avec un code de l'honneur personnel inébranlable, ce qui justement évita à Neideria d'être souillée.

Il l'amena à une auberge miteuse, après être repassés dans les égouts empuantis de déchets. Il avait loué une petite chambre avec un lit grinçant pour cette nuit seulement. Il lui fit signe de prendre le lit et lui paya un repas puis il lui parla longuement, une bonne partie de la nuit. Elle n'eut presque rien à dire, elle ne fit que l'écouter.

Tout se résumait en : "le travail effectué dans l'ombre est ingrat mais c'est le plus déterminant dans une action commune et souvent la main gauche ignore ce que fait la droite. Tu as une chose à faire, tu la fais donc sans te préoccuper des autres. On te donne un but, tu l'atteins par toutes les façons qu'il t'est possible d'exploiter, même si dans les normes, c'est lâche et peu glorieux, seul compte le résultat. Dans ce métier, l'héroïsme est réservé aux imbéciles, seule la survie est importante et si d'autres peuvent faire un travail à ta place, laisse-les risquer leur vie, sauf si tu sais qu'ils n'y arriveront pas mieux que toi. Ne sauve un compagnon que s'il peut t'être utile par la suite, apprends à anticiper et à en savoir plus sur l'ennemi ou ta proie, l'information mâche une bonne partie de l'action souvent irréfléchie."

Dans les jours qui suivirent, il lui enseigna de se débrouiller par elle-même donc à bricoler pour qu'elle se fasse ses propres armes. "L'échec, disait-il, est toujours personnel. Même si c'est un autre qui commet une faute, c'est de ton propre choix de compagnon que provient ta défaite." Il l'emmenait toujours lors de ses "chasses" et il variait constamment ses méthodes de meurtre : poison, piège, assassinat direct, menace et meurtre par intermédiaire... Il ne dormait jamais au même endroit, et parlait le moins souvent à la même personne pour ses informations sauf à ses contacts personnels avec qui il entretenait une franche camaraderie teintée de rivalité.

Dans cette ville où tout n'est que façade, c'était à celui qui mentait le mieux qui empochait le plus gros magot. Et dans cette ville, il n'y avait que des menteurs. Il fallait apprendre à mentir mieux que les autres... Le premier enseignement qu'elle appliqua fut la dissimulation : son nom, son apparence, son identité, tout ce qu'elle était n'était que pur mensonge. "Le changement constant est un bouclier, le mensonge est une arme", lui serinait-il à longueur de journée.

Enfin, l'ironie voulut qu'il se fasse piéger par ses propres mensonges. Elle ne sut pas exactement quelle fut sa faute irréparable. Il était mort, c'est tout. Quelle importance ce qu'il avait fait ou avait été ? Il n'est plus. Le monde appartient aux vivants. Le pouvoir appartient aux plus beaux parleurs. Et la survie appartient à ceux qui savent fuir quand il le faut.
Elle prit la fuite.



Dernière édition par le Dim 1 Avr - 7:25, édité 1 fois

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kymin

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Chroniques

Daer'jan semblait relativement satisfait de ses progrès quotidiens. Même s'il ne la complimentait jamais ou ne lui adressait que rarement la parole pour lui dire des mots gentils, du moins ne la giflait-il plus à la moindre raison. Aussi Neideria ne se rebellait-elle plus, ce qui pouvait expliquer ce phénomène...
- Tu sais ce qui rend les autres si faibles ?
Neideria fit un signe de dénégation.
- C'est qu'ils croyent qu'ils sont désarmés quand ils ont les mains vides. Mais ils oublient que le corps est la première arme dont disposer. Si tu es en parfait équilibre dans ton corps, toute autre arme que tu utiliseras en deviendra une extension... Je sais que ça a l'air stupide dit comme ça, mais tu n'auras pas d'arme tant que tu n'auras pas appris cela.
Il dégaina d'un geste vif et lança sa dague, juste assez bas pour frôler la tête de son apprentie, puis la dague termina sa course et se ficha au centre de la cible usée que Daer'jan avait accrochée dans leur chambre.
- Trouve ton centre de gravité, le point autour duquel tout ton corps se mouvoit. Dès lors que ce sera fait, tu pourras progresser. Dans notre profession, reprit-il, le corps à corps est à limiter, seuls les mouvements rapides, déterminants et efficaces t'assurent la victoire, ne cherche pas la confrontation directe, car c'est prendre et des risques inutiles et c'est une perte de temps.
Il sortit un étrange objet de bois.
- Ceci, dit-il en agitant, sera ton arme beaucoup plus tard. Je vais néanmoins t'enseigner comment la fabriquer.
- Pourquoi pas une simple dague ?
- J'ai expérimenté les deux. Cette arme-là est la plus redoutable mais j'ai opté pour la dague car j'aime regarder l'ennemi dans les yeux. Aimerais-tu, toi ?
Peut-être, peut-être pas...
- Seul compte le résultat, dit-elle.

Ce soir-là encore, il fut parti chasser, que ce soit de la chair ou des magots... Tous deux rapportaient de l'or, de toute manière. Depuis des jours elle se demandait qui il pouvait bien être mais elle ne le saurait sans doute jamais... Après tout, il était un maître du mensonge et s'était crée plusieurs identités qui semblaient si vraies. D'ailleurs, à force de se plonger dans le mensonge, celui-ci créait sa propre vérité. Ce n'était pas plus mal, se répétait-elle. Pourrait-elle changer son passé autant que son avenir ?
Perchée sur le toit en l'attente de son mentor, elle se surprit à repenser à ses lointains jours heureux ; quand encore elle avait un foyer où rentrer, quand d'autres enfants jouaient avec elle sans se chamailler la moindre miette de nourriture boueuse, et les arbres si verdoyants... Elle tourna son regard morne vers le sable que le vent soulevait de son vol paresseux. Elle serra rageusement ses petits poings. Les Dieux se jouaient-ils d'elle ? Maudits soient-ils tous !
Elle n'avait pourtant rien fait de mal, elle n'avait rien demandé. Pourquoi ces hommes avaient-ils fait un raid spécialement dans leur forêt ? Et pourquoi ses parents et elle avaient été justement sur leur chemin ?
Elle déglutit. Pleurer ne servait à rien et le passé... au diable tout cela ! Elle fourra sa main dans une de ses nombreuses poches et en sortit un objet en argent, dont on pouvait distinguer une harpe et un croissant de lune.

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kymin

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[âmes très sensibles, ne lisez pas]

Chroniques

- Maman, regarde, un écureuil.
Une jolie femme elfe se retourna vers la fillette qui tendait le doigt vers une branche basse. Elle sourit, simplement, mais d'un sourire éclatant, et passa une main doucement dans les cheveux de la fillette. Celle-ci se retourna car sa mère ne regardait pas l'écureuil, mais un elfe mâle qui venait à leur rencontre. Il portait en bandoulière un grand arc en chêne et une épée longue battait son flanc gauche. Il rendit son sourire à la femme et émit des sifflements à l'attention de l'écureuil. Le petit animal se dressa sur ses pattes arrière et bondit vers la fillette, agitant ses oreilles d'un air curieux. Elle éclata d'un rire joyeux mais ce bruit insolite fit fuir la bête qui se réfugia de nouveau dans les hauteurs. L'elfe mâle eut un rire de bonhomie en secouant la tête, faisant voleter ses cheveux d'or.
Puis le silence de la forêt fut rompu par le passage de caravanes qui cahotaient sur le chemin serpentant entre les arbres. Des hommes en noir menaient les chevaux, armés mais pas menaçants. Quand ils passèrent devant les trois elfes, l'un d'eux demanda clairement à voir le "chef" des elfes. Il lui fut répondu qu'ils se trouvaient loin de la cité des elfes et que c'était bien ainsi.
- Pouvons-nous au moins emprunter ce chemin ?, demanda l'homme vêtu de noir.
L'elfe haussa les épaules :
- Ce chemin a été tracé par des hommes et n'appartient à personne. Ne troublez pas la paix de cette forêt, c'est tout ce que l'on vous demande.
Ainsi depuis ce jour, des caravanes traversaient régulièrement la forêt d'un bout à l'autre, une ou deux fois par mois. Les trois elfes vivaient sereinement sans se soucier de ces humains. Mais un jour, un homme alla rencontrer les elfes dans la cité et leur tint un étrange discours que Neideria ne sut jamais. Puis il vint aussi voir ses parents. Soulevant sa cape pour montrer sa broche, il leur parla longuement mais elle fut mise à l'écart de la discussion. Son père eut l'air coléreux et saisit ses armes, disant qu'il irait "les" rencontrer. Il ne revint pas.
Le soir même, sa mère avait invité l'humain à partager leur repas en attendant son mari. Tous trois étaient assis autour du feu de camp lorsqu'une flèche surgit de nulle part et transperça la femme. L'humain bondit en dégainant mais il était cerné. Les hommes qui habituellement faisaient traverser leurs caravanes brandissaient leurs armes avec un air menaçant. Celui qui semblait être le chef des hommes en noir commença à invectiver l'humain, puis le saisit brutalement et tira de sous sa cape la broche en argent. Il la jeta rageusement par terre et la piétina avant d'écraser le nez de l'autre d'un coup de poing. Il fit un signe et deux hommes frappèrent la fillette par derrière, assez fort pour la projeter vers leur chef.
Sans savoir pourquoi, sa main se referma sur la broche. Malgré la douleur, elle la saisit et la fourra dans sa poche. On ne faisait déjà plus attention à elle. Le chef claqua des doigts et l'humain fut décapité, rapidement et proprement. Puis on la souleva et on lui banda les yeux. Hissée sur une épaule d'un homme, elle fut trimballée comme un sac dans la nuit.
Elle ne se souvint pas comment cette fameuse nuit avait continué, mais au matin, elle cahotait dans une des caravanes, semblait-il, ligottée de la tête aux pieds. Elle regarda autour d'elle autant qu'elle put : d'autres personnes, enfants et adultes, et humains ou elfes ou même gnomes, étaient à la même enseigne. Elle croisa alors le regard d'un elfe qu'elle connaissait pour être le compagnon d'armes de son père. Il la reconnut aussi à son tour et il lui dit, la bouche amère :
- Ces humains... Qu'ils soient justiciers ou non, ils n'apportent que des problèmes. Nous pouvions continuer à rester en paix en les laissant traverser la forêt, mais il a fallu qu'une tête brûlée se dise qu'il fallait changer le cours des choses. Et voilà le résultat ! Nous ne reverrons jamais notre forêt. Demain elle sera détruite, je l'ai entendu dire...
Son visage se tordit de douleur et de regret, et aussi, et cela la choqua, de haine.
- Maudit soit le Ménestrel, cracha-t-il. Maudits soient les humains !
Elle ne l'écoutait qu'à moitié. Ses yeux ne voyaient plus que le trait d'une flèche qui fondait sur sa mère, se plantant dans son dos avec un bruit mat, et elle revoyait la scène encore et encore. Parfois elle se remémorait aussi la tête de l'humain qui volait dans les airs avec un sourire fanatisé. Commençant à délirer dû au traumatisme, elle se débattit dans ses liens jusqu'à ce qu'on appelle un homme pour venir l'assommer. Elle put enfin s'endormir pour se réfugier dans le monde nébuleux des rêves.



Dernière édition par le Dim 1 Avr - 14:44, édité 1 fois

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kymin

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Notes de voyage

Après mon échec lamentable de la mission que m'avaient confiée mes supérieurs, il a été décidé que j'aille, dirais-je, prendre le pouls de la ville du Cormyr, la Perle du Nord. Le voyage depuis l'Anauroch n'a pas été décevant en péripéties... Mais une fuite d'informations semble m'avoir désignée comme espionne au service du Zhentarim. Je me demande qui peut bien être le traître... Je soupçonnerais bien mes propres supérieurs, ils n'en ont que faire des sous-fiffres comme moi. Mais quelle en serait alors la raison ? A moins que cette soi-disante mission n'est qu'un leurre pour se débarrasser de moi... Je pense avoir acquis trop d'influence pour leur bien-être.
Et voilà qu'à présent, je fais naufrage avec un idiot de capitaine de navire. Je l'ai laissé près de son bateau chaviré pour continuer ma route. (Des ratures rendent illisibles la suite)
Je suis arrivée dans une ville, modestement grande et peuplée d'imbéciles et veillée par ces stupides Dieux de la Justice par-ci par-là. Avant de reprendre mes activités, je ferais mieux de jauger de la situation, il semblerait qu'il me soit facile de jouer sur les apparences. Mais L'unique sera peut-être fâché si je ne reprends pas rapidement ses couleurs.
Tous mes préparatifs sont en cours. Je vais sûrement rester ici le temps que ma mésaventure se tasse et de me faire oublier au Cormyr pour l'instant. J'espère que la rumeur ne s'est pas trop ébruitée sur ma personne. Heureusement que je change d'identité selon les contrées. Ici l'on ne me soupçonnera pas avant longtemps, j'ai bien réussi mon intégration : héroïne et citoyenne respectable. D'abord, me débarrasser de ce magicien ; il me plaît bien mais c'est un non-croyant et il est trop incapable. Passons à la vitesse supérieure.
Mon prochain objectif devrait être rapidement rempli. J'ai plusieurs cartes à jouer et des tours d'avance.

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kymin

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Chroniques

- Elle a cédé à la folie. Elle est invendable et ne fera jamais une bonne esclave.
- Fais attention à ce que tu dis. Si elle est folle, peut-être est-elle bénie.
Les deux compères levèrent la tête à l'unisson vers le ciel nuageux et sombre. La fillette continuait de se débattre dans ses liens, jetée entre deux dunes. L'un des deux hommes secoua la tête et marmonna un mot comme "malédiction" puis fit signe de repartir. Et la procession de caravanes reprit la route.
Profondément plongée dans sa folie, la fillette n'avait pas conscience des jours passant, sans aucune goutte de pluie pour la rafraîchir. Son corps s'asséchait comme flaque au soleil et elle ne put pas compter le temps qu'elle resta ainsi, attachée solidement, à demi couverte de l'ombre des dunes, ce qui lui offrit certainement un répit d'une demi-journée, au plus. Et dans son délire, un symbole s'incrustait dans son esprit, une vision plus insistante que celle qu'offraient ses yeux fixés dans le vide. Une sorte de soleil noir... avec des flammes ? un visage ?
Elle se réveilla, le regard vitreux. Elle ne se trouvait plus dans le désert, au milieu de nulle part. Elle ne se souvenait de rien. Et il faisait nuit.

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chroniques :

Avant même d'avoir pénétré dans le bâtiment qui leur servait de cachette, elle pressentit que quelque chose n'allait pas. Une odeur... pas vraiment désagréable, lui assaillit les narines. Elle se figea et se concentra sur son odorat... oui, une odeur de métal, de fer... c'est cela ! du sang séché... mais pas totalement sec. Elle ferma les yeux et se força à rester calme, à ne pas trahir de nervosité. Il se pouvait que des ennemis rôdaient encore dans le coin. Machinalement, elle baissa les yeux sur sa main gantée qui serrait une petite statuette en or massif. Elle la fourra vivement dans sa besace et dégaina silencieusement une dague.
Profitant de la lune voilée par les nuages, elle se glissa dans les ombres et se colla au mur. Elle tendit l'oreille, sur ses gardes, guettant le moindre son anonciateur de désastre... Elle fut presque déçue. L'endroit était déserté de toute vie, oui toute... et son maître, son mentor, son père adoptif... gisait dans son propre sang, au milieu de la pièce. Un couteau était planté dans sa nuque. Elle ne pouvait pas vraiment dire s'il avait été tué sur le coup ou s'il avait dû attendre de se vider suffisamment de sang... Elle poussa un infime soupir, et rengaina son arme, laissant néanmoins sa main prête à la reprendre.
Neideria examina toute la pièce avant de s'accroupir aurpès du défunt. Assise sur ses talons, elle sentit comme un pincement au coeur, qu'elle chassa vite de son esprit pour se concentrer sur le cadavre. A en juger par sa position et à des déplacements imperceptibles de la poussière du sol, Daer'jan avait livré bataille et n'avait donc pas été pris par surprise. Elle palpa délicatement son cou : le coup de couteau avait bel et bien été le coup décisif et non la perte de sang. Elle ôta l'arme de sa gaine de chair et retourna le corps. Aucune entaille. Elle lui ouvrit la bouche et en sortit la langue, pâteuse et blanche. Elle renifla doucement l'odeur qu'elle dégageait : du poison. Pas un poison mortel mais qui agissait sur les membres et les affaiblissait, si elle se fiait à son odorat. Il avait donc combattu avec ce handicap...
Elle fouilla ensuite dans ses habits et dans ses nombreuses poches cachées... rien d'intéressant : quelques outils de voleur, des petites fioles de poison et d'antidotes, une clef, des bouts de papier avec des contrats et quelques pièces d'argent. Puis son instinct soudain en éveil, elle se retourna lentement. Elle n'avait pas remarqué alors mais un piège se dissimulait à un pouce de son pied. Elle inspira puis expira lentement, elle avait fait preuve d'imprudence. Il était de "notoriété publique", du moins dans le monde des ombres, que Daer'jan travaillait avec un associé (elle) donc il était normal qu'on veuille la supprimer aussi.
Bon, et bien, il était temps de mettre les voiles... Son maître était mort. Il ne lui avait pas enseigné tout ce qu'elle aurait voulu apprendre mais bon... Rester équivalait à se suicider. Et il était inutile de rester plus longtemps, les ravisseurs avaient déjà dû fouiller dans les moindres recoins et trouvé leur trésor... Sans autre bagage que son savoir de roublarde, elle enjamba le corps et disparut dans la nuit.



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Chroniques

Elle releva une mèche blonde de son front et secoua la tête pour se débarrasser du sable déposé sur son crâne. Ses yeux bleu clair, presque incolores, se posèrent sur l'enfant qui pleurnichait, encerclé par les hommes armés. La bataille n'avait duré que quelques minutes. L'attaque lancée avait eu l'avantage de la surprise et les gardes du convoi n'avaient pas eu le temps de réagir pour la plupart, et le restant des hommes qui avaient survécu n'avaient gagné qu'un faible répit. Tous les marchands avaient été éliminés, c'était un beau travail. Le sable buvait à présent avidement le sang qui suintait des corps sans vie.
Les hommes rengainèrent leurs cimeterres et commencèrent à fouiller les caravanes, qu'ils dépouillaient méthodiquement, sans se surcharger inutilement d'affaires de moindre valeur. Maintenant, l'enfant pleurait plus fort, embrassant le corps d'une femme qu'il appelait déséspérément.
- On y va, les gars, traînons pas !
Rares furent ceux qui accordèrent ne serait-ce qu'un regard à l'enfant éperdu. Ses cris et ses gémissements commençaient à marteler l'esprit de Neideria. Profondément agacée, elle marcha d'un pas furieux vers le seul survivant du massacre et l'envoya bouler d'un coup de pied à la poitrine. Hoquetant, l'enfant roula dans le sable, à plusieurs mètres de sa mère défunte, déchirant au passage un morceau du djellaba dans sa main serrée.
- Hé Mara, laisse-le et rejoins-nous, de toute manière il mourra. Il n'a nulle part où aller, et avec la grosse tempête de sable qui arrive - ce disant, il leva la main droite au-dessus de son front et regarda à l'horizon - il disparaîtra en même temps que tous ces corps !
Serrant hargneusement les dents, elle foudroya son camarade du regard.
- Calme-toi la tigresse, t'auras aussi ta part du butin si tu restes pas derrière...
Sur ce, il tira son chameau par la bride et le monta prestement, évitant habilement de se prendre les pieds dans sa longue robe. Neideria, avec un sourire mauvais, se tourna vers sa proie et dit :
- En effet, inutile de se salir les mains puisque la nature elle-même est de notre côté, mais...
Et elle se pencha vers l'enfant qui se débattait pour se relever, le souffle court. Elle le jeta une deuxième fois à terre, le tournant sur le ventre et, relevant sa toge, elle dégaina sa rapière et d'un geste vif lui coupa l'arrière du genou. Le hurlement qui retentit pétrifia ses compagnons. Tout sourire, elle les regarda, rengainant son arme sans prendre la peine d'en essuyer le sang qui la souillait :
- Maintenant, dit-elle lentement, il est certain qu'il n'en réchappera pas.
Elle nota mentalement le choc de ses camarades. "Traîtres... vous me trahirez, je le sais...". Le silence de plomb fut bravement brisé par le premier qui reprit contenance :
- Allez, prends ton chameau, on s'en va...
Sa voix tremblait légèrement. "Ce ne sont que de pitoyables voleurs... des pauvres éleveurs ruinés qui se sont mis au banditisme... ils ne méritent pas mon respect ni ma sympathie...". Le gamin gesticulait faiblement, le visage inondé de larmes, et criant à s'en casser la voix.
- Sois heureux, petit, dit-elle, j'ai eu pitié de toi, tu n'auras pas à vivre dans la douleur. Tu devrais m'être reconnaissant.
Elle se décida enfin à enfourcher son chameau. Elle commença à s'en aller sans attendre. "Traîtres, traîtres... traîtres... vous n'avez pas de tripes !"

Le soir, ils festoyèrent à l'oasis, leur lieu de rencontre. Le partage du butin ne se fit pas sans bagarres, mais il n'y eut pas de morts à déplorer. A l'écart, plongée dans l'obscurité, Neideria ne cherchait pas à s'exposer aux lueurs des feux de camp. Les yeux mi-clos, elle observa la suite des événements. Repoussant la fatigue, la nuit avançant, les guerriers nomades s'endormirent les uns après les autres. Plusieurs sentinelles furent désignées, et postées à des points stratégiques.
Elle attendit encore. Puis elle se leva et se dirigea discrètement vers le camp. Les sentinelles ne regardaient que vers l'extérieur, ces imbéciles... "Traîtres...traîtres...faibles". Elle sortit lentement son poignard et se pencha tranquillement vers le premier homme endormi. Elle lui plaqua la bouche et l'égorgea d'un geste fluide. Elle contint les derniers soubresauts de sa victime... puis elle passa au suivant. Bientôt, tous les dormeurs ne respirèrent plus. Elle dissimula son arme et prit une outre d'eau.
La première sentinelle la sentit arriver et se tourna vers elle, en chuchotant :
- Que veux-tu ? Un problème ?
Souriant, elle brandit l'outre d'eau, murmurant à son tour :
- Tu as soif ?
Marquant un temps d'hésitation, l'homme acquiesça et tandis qu'il prenait l'outre et la portait à sa bouche, elle se plaça derrière lui. Elle le saisit sous le menton de sa main gauche, lui plaquant la tête contre ses abdominaux, et l'égorgea de l'autre main. Sans bruit. Elle le relâcha lentement, le laissant s'affaler légèrement en avant pour donner l'illusion qu'il restait assis. Reprenant l'outre, elle se dirigea vers la seconde sentinelle...

Lorsque le matin se leva sur le camp, Neideria fut la seule à regarder poindre le jour. Après avoir tué ses camarades, elle avait passé le restant de la nuit, immobile, à ouvrir ses sens pour écouter le moindre son. "C'est une nuit à ne pas oublier...". Un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle ramassa les babioles qui lui plaisaient et s'en remplit une sacoche. Puis elle attacha les chameaux les uns aux autres, et monta le premier en tête. Une demi-journée pour rejoindre la prochaine oasis. Elle repoussa les cheveux en arrière et regarda droit devant elle et vit... encore cette vision... Un soleil qui s'assombrit et un crâne qui sourit ? Elle s'essuya le visage et remarqua alors que ses mains étaient imprégnées du sang séché de cette nuit... Elle les lava avec l'eau de l'outre. "A la prochaine ville, je devrais pouvoir vendre ces chameaux". Elle encouragea sa monture à aller de l'avant, et les autres n'eurent d'autre choix que de suivre. "Les traîtres ne sont plus". Apaisée, elle huma l'air sec et ferma les yeux.

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kymin

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Chroniques :

L'homme assis en face d'elle, très détendu et nonchalant, retournait entre ses doigts fins le symbole qu'elle avait gardé jusque-là, représentant une harpe et un croissant de lune. Il lui jetait brièvement des coups d'oeil ironiques.
- Alors, si je comprends bien... c'est à cause de ça - il brandit le symbole d'argent - que tu te retrouves ici, sans attaches et sans buts dans la vie... Tu sais ce que c'est, non ?
Neideria croisa les bras et hocha la tête.
- C'est le signe de reconnaissance des Ménestrels.
- Tu t'en es déjà servi, je suppose.
- Oui.
L'homme le lança et le rattrapa de sa main droite :
- Et tu ne les aimes pas... Ce n'est pas moi qui irai te contredire, mais... logiquement, tu ne devrais pas aimer non plus ces esclavagistes qui t'ont obligée à t'exiler.
Elle ne dit mot pendant un moment, cherchant à accrocher ses yeux noirs. Son interlocuteur, par jeu, regarda le plafond, puis il daigna enfin croiser son regard.
- Je refuse d'être du côté des perdants, dit-elle lentement.
Elle avança de quelques pas, s'arrêtant à la longueur d'un bras de lui.
- Les Ménestrels sont des imbéciles, qui s'entêtent à vouloir protéger les "innocents", mais quel intérêt y a-t-il à protéger des faibles ? Seuls les forts ont le mérite d'évoluer dans ce monde. Le terme de justice est un leurre et inhibe le potentiel de chacun, et les naifs adhèrent à cette idéologie par lâcheté. Effectivement, si d'autres que nous se chargent de nous protéger, nous n'avons pas réellement l'envie de nous en plaindre. Or, ces soi-disants justiciers... n'ont aucune force, ils se servent des innocents qu'ils sont censés protéger pour qu'ils se battent à leur place. Au final, ce n'est que de l'hypocrisie. Donc...
Elle décroisa les bras et tendit la main vers lui :
- Quitte à choisir un camp, autant choisir celui qui se déclare ouvertement utiliser les autres. Et maintenant, pourriez-vous me rendre la broche ?
Un instant, il parut interloqué. Puis il sourit soudainement et se tapota la joue de sa main libre.
- Tu n'es pas si bête. (il leva la broche vers elle sans la lui tendre) Qu'en ferais-tu ?
- Ce peut toujours être utile un jour ou l'autre, je pense que vous n'en disconviendriez pas.
Il la fixa en silence, comme pesant le pour et le contre. Finalement il la lui lança - et elle la rattrapa habilement - et se leva de son fauteuil en inspirant :
- J'ai une mission pour toi.

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